La gazette de Saint Paul de Loubressac (46170)

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 La gazette Saint-Pauloise - histoire de la Commune

 

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Histoire et patrimoine de la Commune (documents A. Cazes et divers)

 
 

Sommaire

1. LE PECH AIGU   (Præsidium Romain)

 
 


 
le Pech Aigu
 
la Lécune, le prieuré,
  sépultures médiévales
 église St-Etienne
 école communale
 fontaine de St Paul
 église Saint-Paul
 Saint-Gervais
Labouffie/Loubressac
 naissance de l'USSP
   
- histoire des Coupes
   
- rétrospective
 histoire du festival

 
à suivre ...

 

  Localisation

- plan général
- St Paul
- St-Etienne

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1. Léopold Limayrac : maire de Castelnau de 1854 à 1876, conseiller général de 1856 à 1887, président du Conseil Général du Lot de 1874 à 1876, député de 1871 à 1876. Il a écrit en tant qu'archéologue, enseignant à Montauban, un ouvrage historique sur Castelnau de Vaux paru en 1885 et réédité par l'A.C.C.C.M. au dernier trimestre de 2006, encore en vente à la librairie de Castelnau.
2. præsidium ou présidium : du latin, "lieu défendu par une garnison"
 .


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"Lou Pech Aigut" serait-il à l'origine de la naissance de Saint-Paul ?

     Des origines romaines 

Nous avons la certitude que ce monticule artificiel a été créé par l'homme lors de l'implantation des Romains en Gaule. Il se situe en parallèle avec notre village et se trouve sur la partie supérieure de la Lupte, route de Saint-Barthélémy face à la "Mouline".

A sa base se trouve une ancienne carrière d'arène légèrement aurifère. Cette Serre artificielle est placée de manière à dominer et surveiller la vallée de la Lupte et  le carrefour routier stratégique du Levat (Paris-Toulouse et Rodez-Moissac via l'Espagne).

L'archéologue Léopold Limayrac1 a écrit dans son livre "Histoire d'une commune et d'une baronnie du Quercy, Castelnau-de-Montratier": "...Ce mont élaboré par les Romains (-56) mesure 25 mètres de haut et porte son altitude à 245 mètres avec 180 mètres de circonférence. De forme ovale, sa plate-forme a 50 mètres de périphérie ...". Le mur qui défendait la partie supérieure du chemin de ronde a disparu, mais le tracé apparaît encore aujourd'hui. 

La Croix du Pech Aigu 

La croix qui domine le sommet n'a rien à voir avec l'histoire gallo-romaine. Elle a été placée à Pâques 1943, sous l'occupation Allemande, par des scouts en voyage sous la conduite de M. Ricros, le curé. 

L'implantation du village

Ce præsidium2 était relié au plateau par un chemin pavé de trente deux mètres de long sur trois mètres de large. Malgré l'érosion du temps, on trouve encore des pierres de pavage dans les broussailles du tracé conduisant à Merliane. Cet observatoire avec guérite et chemin de ronde était alimenté en soldats romains, installés à Laure, commune de Flaugnac, où étaient stationnés en permanence deux milles soldats. Il est probable que la halte et le va et vient de ces soldats destinés au Pech Aigu soient à l'origine de la naissance d'un estaminet, puis ... de la création d'un hameau en cul de sac, pour enfin, peu avant l'an mille, construire une petite église de quarante places, au moment de la christianisation. 

            Voilà pourquoi la construction du Pech Aigu pourrait être à l'origine de l'implantation de notre beau village. 

                                                                                                                      Arsène CAZES
 

 
 

 

2. Le couvent de La LECUNE (ancien prieuré)

 
 

1° partie

 

 

 

Avant restauration

 

 

 

Etat actuel


De Raymonde de Mazerac aux Clarisses du Pouget

    La Lécune figure sur les anciens écrits sous le nom de "La Cune". C'est un prieuré du haut moyen-âge dont voici un bref historique. Au XI° siècle, La Lécune était un monastère dirigé par Raymonde de Mazerac, originaire de Saint Jean de Mazerac, commune de Puylaroque. Par la suite, elle avait revêtu l'habit des parfaites et des parfaits, nouvelle religion chrétienne dissidente, celle des "Albigeois", dits : les Cathares.

    Pendant cinq ans elle soutiendra la religion cathare en plein développement. A l'Inquisition, elle fut poursuivie comme hérétique et relapse, car elle hébergeait des Albigeois poursuivis.(1)

    En 1321 le monastère passe sous la direction des Clarisses du Pouget à Castelnau des Vaux. En 1668, pour répondre à une enquête du diocèse de Cahors, la mère supérieure déclare que ce monastère aurait été fondé par Charlemagne (?) ...
     

Alice et Blanche de Valsergue

    Revenons après la guerre de Cent ans, où le monastère est repris en main par Alice de VALSERGUE, 'Dame de Saint Paul". Cette dernière fit appel, avec le seigneur du château voisin, à la main-d'oeuvre de l'Auvergne d'où sont sorties les familles de La Bouffie (La Boufio), et de Le Franc (Lou Fronc).

    En 1470 le prieuré est vacant. En 1760 il reste peu de Soeurs dans cet établissement. Jusqu'à cette date le monastère des Chanoinesses régulières de Saint-Augustin existera. C'est pendant cette période que le prieuré sera confié à Blanche de Valsergue par une bulle du pape Paul II. Lorsqu'il ne restera que deux soeurs, le monastère fermera ses portes. L'une ira à Lissac, et l'autre à Vic (d'après l'abbé Albes). Depuis 1823, date du cadastre de Napoléon I°, la disposition du prieuré est restée inchangée jusqu'en 1997-98, où Mr Maurice Cubaynes, le propriétaire, le vendra à un Ecossais, Mr Morisson Alaster.

    Le nouveau propriétaire entamera aussitôt des travaux de restauration, qui vont donner lieu à une importante découverte archéologique, dont nous donnerons le résumé dans un article de la prochaine édition de la Gazette intitulé : Sépultures Médiévales découvertes à Saint Paul de Loubressac.

                                            Arsène CAZES 

 
   
 
   

2° partie : sépultures médiévales

      Une fouille menée sur le site de l'ancien monastère de la Lécune, a permis d'étudier quelques-unes des tombes rupestres de la nécropole médiévale, découverte de manière fortuite à l'occasion de travaux de restauration et de réaménagement, ainsi que de localiser quelques traces de l'ancien monastère peut-être fondé par Charlemagne, habité par des parfaites (religieuses cathares) au milieu du XIIIe s., et devenu monastère de chanoinesses régulières de Saint-Augustin jusqu'en 1760, date à laquelle il fut abandonné par les deux soeurs qui y demeuraient encore.
 

 
 

Le chantier de fouilles

 

 

Coffre rupestre contenant un
individu en decubitus dorsal,
et une réduction placée à sa
tête dans la logette céphalique
 

        C'est en juin 1998, qu'une fouille archéologique de sauvetage a été menée sur le site de l'ancien prieuré de La Lécune, après la découverte par la pelle mécanique au cours d'importants travaux de terrassement, de tombes creusées dans la roche, dans un enclos qui devait être le cimetière de cet ancien monastère dont les origines remontent au moins au début du XIIIème siècle, et qui n'est tombé à l'abandon qu'au milieu du XVIIIème.
     
    L'archéologue Christine Baret (photo ci-contre), mandatée par les services archéologiques de Midi-Pyrénées, avec l'accord du nouveau propriétaire des lieux et l'aide des bénévoles de l'association castelnaudaise ABAQUE(2), ouvrit dans l'urgence un chantier de fouilles de plusieurs mois, qui s'avéra très fructueux.

    Neuf tombes rupestres furent répertoriées, dont on peut trouver la description précise dans le compte-rendu très instructif que l'archéologue a publié dans un Bulletin de la Société des Etudes du Lot(3) (accessible sur le site internet : http://www.quercy.net/ institutions/sel/1_1999/baret.html). Elles contenaient des ossements humains d'individus adultes ou jeunes, parfois leur squelette complet. Les tombes les plus anciennes révèlent un "mode de sépulture caractéristique d'une période allant du IXè au XIIIè siècle", selon Ch. Baret, ce qui rendrait plausible la tradition selon laquelle le monastère aurait été fondé par Charlemagne. Il semble que, lors d'une deuxième phase d'utilisation du cimetière, des tombes plus anciennes aient été réutilisées.

    De plus, des vestiges de fossés et de fondations de murs anciens ont été découverts, confirmant la présence de bâtiments antérieurs à ceux existants, ainsi que deux fours jumeaux à grand rendement pour collectivités (aujourd'hui détruits), deux silos situés l'un dans la cour, l'autre sous un arc du mur de la cave, et enfin des graffitis conservés sur l'enduit des murs au moins depuis la construction des bâtiments actuels.
     

    L'ensemble de ces découvertes permet aujourd'hui de mesurer, s'il en était besoin, l'impor- tance historique (et archéologique) de cet ancien monastère situé en bordure du grand chemin médiéval qui conduisait de Moissac à Lalbenque et au Rouergue.


 
 


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Notes
1. Avant R. de Mazerac, le prieuré dépendait du monastère de Saint Michel de Charaise du diocèse de Viviers ; il est nommé en 1258 dans la bulle d'Alexandre IV. En 1305 la bulle de Clément V demande l'échange des prieurés. Mais La Lécune restera la possession de Charaise, et ce n'est qu'en 1470 que le pape Paul II confère à Blanche de Valsergue ce prieuré vacant à cause de la guerre. Voici les directions du prieuré connues : 1470, Blanche de Valsergue ; 1590 : Delphine de Labroue dite Abbesse ; 1646 : Antoinette de Roquefeuil ; 1727 : Catherine de Bermoud  (en 1732 on lui interdit de recevoir des novices, et en 1739 un économe est nommé pour gérer les biens). En 1760 il ne reste que deux religieuse à La Lécune.

2. ABAQUE : Association Archéologique du Bas Quercy, dont le siège social était à la maison Jacob à Castelnau-Montratier.
3. B.S.E.L. 1999 1er fascicule. La Société des Etudes du Lot, 38 rue de la Chantrerie - Cahors, a pour vocation l'étude du patrimoine quercynois. Elle édite un Bulletin trimestriel qui rend compte de ses activités et publie ses travaux ; les premiers articles remontent à 1875.

 
       
   

3. Eglise de Saint-Etienne

 
 

 

 


L'église, le cimetière
et la grotte

 

 


Intérieur de l'église


    Saint Etienne est un hameau aux maisons éparpillées (typique de l'habitat dispersé) ; il fait partie intégrante de la commune de Saint-Paul, tout en étant une paroisse indépendante avec son église.

    Son église auprès de laquelle se trouve le cimetière, légèrement surélevée au milieu du vignoble " des vins des coteaux du Quercy ", appellation contrôlée, de Mr Gisbert Roger, ancien maire de St Paul et ancien conseiller général du canton de Castelnau-Montratier.

    Voici ce qu'en dit l'abbé Clary dans son livre: "Dictionnaire des paroisses du diocèse de Cahors" (imprimerie Tardy Quercy, Cahors, 1986) :

    "... Saint -Etienne prés de Saint Paul, en latin "débono servo ou cervo" - Boncerf. L'église de cette paroisse dépendait de l'archiprétré de Vaux -de-Nevège à la collation épiscopale désignée indépendante vers 1315... "
    On trouve comme recteurs de cette église en 1328 Géraud de la Coste qui succède à Jean Brosses ; en 1338 Bernard de Souquet, puis Hugues de l'église et en 1350 Bernard de la Tour. Plus tard cette église sera annexée à celle de Lamolayrette, unie avec elle aux églises de Ganic et de Saint-Julien-Cap de Pech.

    L'église actuelle date du XIIIème siècle, elle a été agrandie et restaurée au XIXème peu avant la révolution. Des chapelles ont
    été ajoutées en 1850. Le clocher sera construit plus tard en 1886,
    mais le sanctuaire garde un cachet d'antiquité imprécise. 

     

    Exemples de modillons (extérieur de la nef,
    côté cimetière) qui témoignent de
    l'ancienneté de la construction

Les seigneurs de l'époque

La seigneurie de Saint-Etienne relève du Baron de Castelnau-Montratier. Parmi les seigneurs directs on trouve les De Malmont, puis les Laparéde.
Le prieuré de la "Lécune" était sur les terres de la paroisse de Saint-Etienne. Blanche de Valsergues, soeur du seigneur de Saint-Paul rendit aux Chartreux de Cahors, la dîme de cette paroisse. Ce prieuré est présenté par l'abbé Clary comme étant le monastère de Chanoinesses régulières de Saint Augustin. La mère, soeur de ce monastère prétendait qu'il avait était fondé par Charlemagne et dédié à Saint Jean-Baptiste.
La commune de Labouffie-la Madeleine Aussac, fut unie à Saint-Paul le 4 Termidor an VIII.

L'église de Saint -Etienne, comme celle de Saint-Paul n'ont plus de curés permanents et dépendent du canton de Castelnau.

 
 


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Arsène CAZES

 
   

4. Naissance de l'école communale de Saint Paul

 
 



    C'est dans la période de l'élection comme "agent municipal" (ainsi désignait-on la fonction de maire) de CAZES Jean-Antoine, domicilié à Saint-Etienne : il fut élu du 4 ventose an VIII (23 février 1800) au 20 messidor (9 juillet 1800). A partir de 1801, il fut élu au moment du rattachement de la commune de Labouffie à Saint Paul, le 7 vendémiaire an IX jusqu'au 1° janvier 1809, ensuite du 27 décembre 1815 au 12 janvier 1826 et du 9 août 1827 au 12 décembre 1848. Durant ces trente ans et six mois de Maire, il réalisa trois choses importantes .
     

La création de l'école communale

    La première fut la mise en application de l'ordonnance royale (de Louis XVIII après les Cent Jours de Napoléon I°), le 16 juillet 1833, art. 10 et 12 avec comme titre : "création d'une école primaire où les enfants des familles pauvres, comme ceux des familles aisées, puissent recevoir l'instruction primaire que la loi assure à tous les français ..."

    Provenant de la demande d'application d'un Roi auprès d'un Maire républicain, cela paraît surprenant. Après délibéré le quorum fut atteint de justesse ; six conseillers ont voté pour : M. Gros, Fournié, Vidal, Cleye, Demeaux et Cazes le Maire. Ont voté contre : le comte d'Armagnac, Marquès le Notable et M. Parayre et Escabasse, plus une abstention. Le vote s'est donc joué à une voix. Et l'école communale venait de naître.

La réparation de l'église de Saint Paul

    La deuxième fut la réparation de l'église de Saint Paul et deux achats importants : la confection et la pose d'une chaire en noyer premier choix et l'achat d'un tabernacle admirablement sculpté (le tout malheureusement détruit à la fin du XX° siècle lors d'un réaménagement intérieur de l'église par le curé de la paroisse). C'est ce maire, Jean-Antoine Cazes qui le 14 mai 1840 dans une réunion du Conseil fit voter un crédit de 374 francs pour ces deux achats : une cathèdre (chaire) avec son chapiteau et un tabernacle sculpté.

Le fonctionnement de l'école communale

        Enfin, ce même jour en délibéré il fit voter :
    - le traitement de l'instituteur, soit une somme de 200 francs
    - une somme de 60 francs pour le loyer de la maison de la 1ère école pour tous
    - la participation aux contributions des parents d'élèves, fixée comme suit :

        * pour ceux qui apprennent à lire, 1 franc
        * pour ceux qui apprennent à lire et à écrire, 1.50 franc
        * pour ceux qui apprennent à lire, écrire et compter, 2 francs.

        Il est écrit que "l'instituteur sera tenu de recevoir gratuitement le nombre de dix enfants de familles pauvres, dont le tableau sera proposé au vote général de la commune pour 1841 ..."
     

Augmentation du centime additionnel

    Mais pour subvenir à ces dépenses, le conseil Municipal vote une augmentation de trois centimes du centime additionnel, sur les contributions foncières personnelles et mobilières des portes et fenêtres ainsi que des patentes. Au grand mécontentement du comte d'Armagnac et de ceux qui avaient voté contre, lesquels s'empressèrent de faire boucher nombre de portes et fenêtres jugées inutiles. On en trouve encore les traces sur les vieux murs du Château qui ont servi à bâtir l'église.

Ainsi notre école communale venait enfin d'être créée, mais de justesse ...
 

 
 


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Arsène CAZES

 
 

 

5. Fontaine de Saint-Paul (rénovation)

 
 




La fontaine avant et après rénovation


LA FONTAINE DE SAINT PAUL A FAIT SA TOILETTE
 

    Cette fontaine a sa propre source. Jusqu'à ces dernières années elle paraissait intarissable. Elle était renforcée au passage par un petit ruisseau (Lou Riu) qui se nomme La BOUCHINQUE.

        Ce ruisseau est un affluent de la Lupte qui prend sa source dans le versant de la Garenne au-dessus de la grange abandonnée de Mr Lacaze, à hauteur de deux maisons : celle de la famille Casimir Chauveau et celle de son voisin mécanicien-forgeron Mr Girma. Cette source généreuse alimente en premier lieu, par captage direct, la maison des successeurs de Mr Lacaze, et le trop plein coule dans la prairie, rencontre au passage la fontaine, qui sert à arroser les jardins des habitants du village, puis va se jeter dans la Lupte au lieu-dit Les BOURIOLES.

        On ne connaît pas la date de construction de cette fontaine. Ce dont nous avons la certitude : elle existait déjà au lendemain de la Révolution, lorsque les Labouffie ont occupé la mairie ; ils auraient brûlé tous les documents de l'Ancien Régime à la fontaine.
     

 
   

6. Eglise de Saint Paul

 
 



Eglise de Saint Paul
sous la neige

 

 

 

 

 

 

 

 

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La voûte octogonale et
les piliers qui la supportent
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    L'église de Saint Paul, une merveille architecturale méconnue

      Les premières églises de Saint Paul et de Flaugnac ont vu le jour dès la christianisation, sous l'occupation romaine. Elles étaient toutes bâties sous la même forme : bâtiment de plain-pied rectangulaire, grande porte d'entrée à double-battant en arc romain, et l'arrière de l'église en "cul-de-four", là où à l'intérieur se situe le choeur ou le transept. Elles n'étaient pas encore munies de clocher.
       

    La nouvelle église de Saint Paul

    Aujourd'hui la nouvelle église de Saint Paul, juchée sur la serre parallèle au poste de guet du "Pech-Aigut", ressemble extérieurement à une énorme grange à laquelle on a ajouté une tour carrée servant de clocher. "Eglise sans importance", me direz-vous ? Alors pourquoi vient-on de l'étranger (1) pour visiter l'intérieur que l'on prétend être unique en France ? Il n'en existerait que neuf semblables en Europe !
    L'ancienne église, que je désignerais plutôt comme chapelle dépendante du château, était depuis fort longtemps trop petite dès que Saint Paul fut uni à Labouffie-Aussat en 1801. C'est le maire Pierre Bort, de Tanavère, qui donnera l'autorisation au Comte d'Armagnac et son épouse Alhios, domiciliés à Cahors, de vendre - au prix de 5000 francs - le château en ruines à la communauté catholique pour en faire une église. La nouvelle église sera aussitôt construite sur le quadrilatère du château. Seul le mur du Nord sera entièrement conservé, avec ses deux appuis de fortification. La porte d'entrée sera celle de l'ancienne église, dont la pierre servira à construire la nouvelle aux environs de 1868-70. On ignore le nom de l'architecte ; les ouvriers étaient des "compagnons" du Tour de France.

    Un rotonde à voûte octogonale

    Ce sont eux qui ont réalisé ce chef-d'oeuvre de rotonde à voûte octogonale, que l'on prétend être rare sinon unique en France(2). Huit merveilleuses et élégantes colonnes supportent cette voûte exceptionnelle. Ici à Saint Paul, la voûte recouvre la totalité de l'emplacement prévu pour recevoir cent cinquante personnes. Il est difficile de s'apercevoir que derrière chaque colonne a été bâti un vrai contrefort en pierre qui - d'après notre Canadien(1) - rend la voûte indépendante et indestructible ; et le Canadien d'ajouter : "... vous pourriez enlever la toiture et les quatre murs de l'église que la coupole resterait stoïquement en place !". C'est cette voûte octogonale qui nous vaut la visite de nombreux curieux venus de l'extérieur.

    Certes, il y avait aussi un souterrain qui reliait le château à l'ancienne église, afin que les dames châtelaines n'aient pas à passer à l'extérieur pour aller faire leurs dévotions. En 1938-39, Louis Cammas, Gaston Cazes, Gaston Hugon le forgeron et M. le curé Salles ont soulevé une dalle du sol à droite de la deuxième sacristie, mettant ainsi au jour ce souterrain. Avec prudence ils ont fait descendre deux gamins qui jouaient sur place, Jean Gardes et Arsène Cazes (ce dernier était enfant de choeur). Munis d'une lampe acétylène et attachés sous les bras par une corde, nous descendîmes à tour de rôle. Nous découvrîmes un couloir obscur, humide et gluant, avec quelques pierres éparses abandonnées. M. Salles, le curé, ordonne de nous remonter aussitôt et surtout de ne pas ébruiter cette découverte. Il fit remettre en place la dalle.

    Non loin de là, on trouve le dessin d'une croix géante au sol, réalisée en pierres du pays qui tranchent par leur blancheur au centre du pavement.

    Ainsi, si ce vieux château transformé en église ressemble aujourd'hui à une énorme grange dominant le village, il n'en cache pas moins une merveille architecturale insoupçonnée et ignorée de la plupart des habitants.

Arsène CAZES
 

 
 


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(1) Au printemps dernier, un jeune historien en poste à Montréal m'était présenté (pour que je lui serve de guide à la visite de l'église) par M. Paméla et Edouard Griswood, ressortissants anglais propriétaires à St Paul.
(2) [ndlr] Il existe une petite chapelle, l'Octogone de la Maison-Dieu à Montmorillon (Vienne), construite sur le même principe de la voûte octogonale, et surmontée à l'extérieur d'un lanternon ; il ne s'agit pas  là d'une église, mais d'une simple chapelle de cimetière renfermant un ossuaire et une salle de prière. Cette construction originale, qui fait partie d'un ensemble classé "monument historique" et daté du XII° s., se présente comme unique en Europe et aurait été édifiée sur le modèle de la rotonde du Saint Sépulchre à Jérusalem.
( >>> voir photo de
la voûte octogonale - de la chapelle de la Maison-Dieu)
 

 

 

7. Chapelle de Saint-Gervais

 
 

 


La petite chapelle
au milieu des champs
(cliquer pour agrandir)


    Une chapelle et un pèlerinage plusieurs fois séculaire

    La chapelle de Saint-Gervais, bien que voisine de l'église de Lamolayrette et paroisse de Flaugnac, se trouve dans la commune de Saint Paul de Loubressac, à l'extrémité S.-S.O. ; elle est entourée au Nord et à l'Ouest
    par la commune de Flaugnac, et bordée au S.O. (vers Ganic) par celle de Castelnau-Montratier.

    C'est le ruisseau dit de Roubayresque (d'après le lieu-dit où il prend sa source) qui détermine la limite entre les communes à cet endroit ; ce ruisseau (qui traverse l'ancienne section communale de Saint-Etienne) se jette dans le Lemboulas (ou l'Emboulas) quelques centaines de mètres après avoir arrosé Saint-Gervais, lieu-dit où coule, dans le cours même du ruisseau, une source "miraculeuse" à l'origine d'un pèlerinage très fréquenté depuis des temps immémoriaux. De l'autre côté du Lemboulas, dans le Tarn-et-Garonne, on aperçoit le hameau de Gandoulès, lié par l'histoire à la chapelle de Saint-Gervais.

    Cette chapelle se situe sur un terrain privé, qui appartient aujourd'hui à M. Balitrand, de Lamolayrette. En 1850, elle était la propriété d'un Depeyre-Lestrade, de Montpezat-de-Quercy.

    Préhistoire, époque gallo-romaine et christianisation

    Les hommes ont depuis très longtemps investi l'emplacement légèrement surélevé où se situe aujourd'hui la chapelle : on a retrouvé dans les parcelles voisines nombre de quartz et silex taillés en forme de grattoir ou de racloir, datant de la préhistoire (paléolithique supérieur et néolithique) ou du Bronze moyen(2).

    Le site recèle aussi des vestiges de l'époque gallo-romaine. En 1969, deux passionnés d'archéologie, le Dr Carillon et R. Pauc, ont découvert des tuiles à rebord de style romain sur un hectare autour de la chapelle, et en 1979 R. Pauc découvre les vestiges d'un atelier de tuilier dont les tuiles portent la marque LENTVLVS ; les débris analysés en laboratoire montrent qu'il s'agit bien de tuiles fabriquées avec les marnes du Bas-Quercy(3). On a aussi retrouvé quelques débris de poteries sigillées, importées.

    La chapelle chrétienne a vraisemblablement été construite sur les restes d'un ancien temple païen ; on n'en connaît pas la date, mais tous les documents la présentent comme très ancienne. Selon le chanoine Albe(4) elle aurait été ruinée pendant la Guerre de Cent Ans (XIV°-XV° s.), puis reconstruite ; les nombreux ex-votos qu'elle contenait auraient été brûlés à la Révolution.  [.../...]

 
   

8. Le nom de Saint Paul : de Labouffie à Loubressac

 
 

 

 

 

 


Délibération du
9 août 1942 (extrait)

               
    Le nom du village Saint Paul de Loubressac est attesté depuis au moins le XVIIIème siècle ;
    il figure sur la carte de Cassini (1780) et dans le recensement de l'An II (1793)

     

                La commune de Saint Paul, dans ses limites actuelles, ne date que du début du XIXème siècle, au moment où les territoires de Saint Paul de Loubressac et de Labouffie ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle commune qui prit alors le nom de Labouffie et Saint Paul réunis, devenu par l'usage Saint Paul-Labouffie, après la création du département de Tarn-et-Garonne (1808).

                Auparavant, il existait deux territoires distincts, celui de Saint Paul de Loubressac et celui de Labouffie, ce dernier joint sous la Révolution à La Magdeleine d'Aussac. Sans parler des découpages paroissiaux qui viennent compliquer les choses, puisque Labouffie était paroisse de Saux jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.

                C'est en 1942, le 9 août, qu'une partie du Conseil Municipal émit le vœu de remplacer le nom de Saint Paul-Labouffie par celui de Saint Paul de Loubressac, pour les motifs que vous pouvez lire dans la copie ci-jointe de la délibération ; chacun pourra ainsi juger à son idée de la pertinence des raisons invoquées. A la suite de ce vœu, un décret du 13 août 1943 autorisa le changement de nom proposé. L'appellation Saint Paul de Loubressac était ainsi devenue officielle.

                Après la Libération, le nouveau nom mit du temps à s'imposer dans les faits ; on retrouve encore parfois Labouffie dans le registre des délibérations municipales, et de nombreux courriers ou documents divers durant les années 50 portent l'adresse postale : 46 – Saint Paul-Labouffie. L'existence du nom de Loubressac pour une autre commune du nord du Lot fut longtemps source de confusion, notamment pour les services de la Poste avant la généralisation du code postal à cinq chiffres.

                Le nom de Saint Paul de Loubressac s'est finalement imposé, au point qu'aujourd'hui La Bouffie (nom qui signifierait : creux, abri ou grotte, ravin) n'évoque plus pour la plupart des habitants qu'un des hameaux ou lieux-dits parmi les dizaines que compte la commune.

 
       

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